En Camargue, le combat contre la ligne très haute tension prend une nouvelle forme, très concrète. Mardi 14 juillet, au Mas de la Butte, un conteneur dressé à la verticale a été transformé en faux pylône de 12 mètres de haut pour donner à voir ce que le projet de RTE ferait peser sur les terres agricoles, les paysages et la faune du territoire.
Une action symbolique et politique
À l’initiative de l’Association de sauvegarde des terres de Camargue et de Crau 13 (ASTCC13, membre du Collectif THT13/30), le petit-déjeuner républicain a réuni élus, agriculteurs et habitants autour d’un message clair : l’État doit renoncer à un tracé aérien jugé destructeur. L’action s’inscrit dans une stratégie assumée de mobilisation visible, sur le terrain, au plus près de la route des Saintes-Maries-de-la-Mer, là où la future ligne marquerait durablement le paysage.
Ce faux pylône répond à une nécessité simple : faire comprendre l’ampleur du projet. Carole Guintoli, Cédric Bernardi et Guillaume Meiffre dénoncent une communication de RTE qui, selon eux, minimise systématiquement la taille des ouvrages et leur emprise au sol, alors que les pylônes annoncés culmineraient entre 60 et 80 mètres. Le message est volontairement provocateur : 12 mètres suffisent déjà à dominer l’espace, alors que dire d’une structure six à sept fois plus haute ?

Une Camargue sous pression
Derrière la mise en scène militante, c’est bien l’avenir d’un territoire entier qui est en jeu. Le Collectif THT13/30 rappelle que le projet traverserait des zones agricoles, des couloirs de circulation d’oiseaux et des paysages dont dépend aussi l’activité touristique. La ligne ne serait pas seulement une infrastructure énergétique : elle deviendrait un marqueur visuel et écologique de rupture dans un espace jusque-là préservé.
Le collectif THT13/30 insiste particulièrement sur la menace pour les oiseaux migrateurs. Jean-Luc Moya rappelle que la Camargue se situe sur un axe majeur de migration entre l’Europe du Nord et l’Afrique, avec des dizaines de millions de mouvements d’oiseaux au printemps et à l’automne selon les études citées. Les câbles, les pylônes et les dispositifs de balisage ne neutralisent pas un risque structurel : celui d’un territoire coupé en plein vol.
Une détermination sans relâche
Au pied du conteneur, la mobilisation a aussi pris la forme d’un rassemblement politique large, réunissant plusieurs élu(e)s arlésien(ne)s et Saint-Martinois. À travers cette action, les opposants veulent faire comprendre qu’ils ne céderont ni sur la visibilité du dossier, ni sur la défense de la Camargue, de la Crau et de la Terre d’Argence.






